← Toutes les réflexions

4 septembre 2026

L'Éducation en Afrique ou le moule qui étouffe la réussite

L'Éducation en Afrique ou le moule qui étouffe la réussite

L'Éducation en Afrique ou le moule qui étouffe la réussite


Le système éducatif actuel en Afrique est souvent pointé du doigt comme une machine à fabriquer du chômage ou de la passivité. On apprend pour avoir une note, pas pour résoudre un problème. Résultat : on se retrouve avec des diplômés qui attendent que l'État les embauche, sans savoir créer de valeur par eux-mêmes.


On apprend l'histoire et la géographie, mais jamais comment gérer l'argent, investir ou entreprendre. Cela nourrit ce goût pour le plaisir instantané dès qu'on touche un premier salaire. On enseigne des théories occidentales inadaptées aux réalités locales. La créativité est tuée parce qu'on ne pousse pas les jeunes à observer leur environnement pour inventer des solutions africaines.


Pour briser ce cycle de l'espérance passive et du paraître, voici des leviers concrets que je propose :

Il faut passer de l'amour des "choses brillantes" à l'amour du processus. Valoriser celui qui bâtit une ferme ou une application, plutôt que celui qui loue une voiture de luxe pour impressionner le quartier. Donc privilégier l'apprentissage technique et pratique (le "faire") dès le plus jeune âge.


Il faut réintroduire la notion de causalité. La réussite n'est pas une bénédiction tombée du ciel, c'est le résultat d'une stratégie et d'un travail acharné. Donc promouvoir des modèles de réussite locaux qui expliquent leurs échecs et leurs méthodes, pour montrer que le chemin est rationnel, pas magique.


Au lieu de rêver de l'Europe (l'Eldorado lointain), il faut apprendre aux jeunes à voir les opportunités sous leurs pieds. Chaque problème non résolu en Afrique est une mine d'or pour celui qui a l'ambition de le régler. Donc encourager l'entrepreneuriat de nécessité vers un entrepreneuriat d'opportunité.


Utiliser la foi comme un moteur d'action plutôt que comme une béquille pour justifier la paresse.


En gros, il faut passer d'une jeunesse qui "espère" à une jeunesse qui "opère".


© Florent Aïkpe